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Société française d’Odonatologie, 7 rue Lamartine, F-78390 Bois-d’Arcy
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Les Odonates de la région Ile-de-France

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Etat des connaissances, diversité et originalité, évolution et menaces

Par Jean-Louis Dommanget
Société française d’Odonatologie, 7 rue Lamartine, F-78390 Bois-d’Arcy

Résumé de la communication orale du 26 juin 2010 réalisée lors des Rencontres odonatologiques 2010 organisées par la Société française d’Odonatologie à Saint-Laurent (département des Ardennes)
     Avec un peu plus de 12000 km², l’Île-de-France est l’une des plus petites régions du pays, mais elle présente la population la plus importante avec 12 millions d’habitants. Cette forte densité entraîne une urbanisation très dense et des infrastructures diverses, consommatrices d’espaces qui occupent environ 50 % de la surface totale. Même si les zones très urbanisées recèlent parfois des havres de biodiversité (parcs, bois, forêts, cours d’eau…), c’est surtout dans les départements périphériques (Grande Couronne) qu’existent les secteurs naturels les plus étendus et les plus nombreux. Les actions de conservation sont très nombreuses au travers des multiples espaces à statuts de protection et des autres démarches en faveur de la biodiversité.
     Le climat régional se caractérise par un ensoleillement réduit mais aussi par de faibles précipitations. Une « originalité » que l’on ne retrouve pas en général dans le sud du pays est la « brume du nord » qui se présente sous la forme de journées nuageuses et fraîches sans soleil ni pluie (ciel uniformément gris), phénomène qui peut perdurer plusieurs semaines en hiver mais aussi, de manière plus limitée, au cours de la saison odonatologique…
     Située dans le centre nord de la France, la région se trouve à l’écart des secteurs biogéographiques plus riches du sud et surtout du sud-est de la France dans lesquels la diversité odonatologique est la plus importante du pays.

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La genèse des connaissances des Odonates d’Île-de-France s’amorce à partir des travaux publiés de la fin du 18e et courant du 19e siècle. En dehors de quelques rares publications, il faut ensuite attendre les années 1960 pour avoir de nouvelles informations et des outils d’identification actualisés. Par la suite, le nombre d’articles augmente rapidement avec le développement de l’odonatologie. En 1982, un inventaire des Odonates francilien fut amorcé à l’occasion de la mise en place du programme national Invod. Fin 2007, avec l’aide du Conseil régional d’Île-de-France, des prospections ciblées ont été menées afin d’améliorer les connaissances sur certaines espèces, mais aussi réactualiser les informations précédemment réunies.
     Avec plus de 14 000 données réunies, les inventaires Invod, Cilif[1] et Cilif IdF (1970-2010) réalisés à partir de protocoles standardisés, apportent de nombreuses informations qu’il est possible après validation d’analyser pour préciser le statut de chacune des espèces présentes.
     Sur le plan de l’intensité de prospection et même s’il existe des biais (présence de la Sfo dans les Yvelines…), des lacunes (régions agricoles, zones fortement urbanisées, etc.) mais aussi des difficultés d’accès aux milieux aquatiques (propriétés privées, etc.), il n’en demeure pas moins que de nombreux secteurs franciliens favorables au développement des Odonates ont été inventoriés, étudiés ou sont suivis d’une manière régulière (espaces protégés de toutes natures, milieux aquatiques des forêts domaniales (RBD), etc.). A l’inverse, le Drouais, la Plaine de Versailles, la Bauce francilienne (Yvelines), la partie centrale de la Seine-et-Marne occupée par la Brie, ne constituent semble-t-il pas une priorité régionale pour ce groupe d’insectes lié aux zones humides …

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Pour la période récente 2000-2010, la région Île-de-France compte 57 espèces et une sous-espèce. Quatre d’entre elles font l’objet de protections nationales (Coenagrion mercuriale, Oxygastra curtisii, Leucorrhinia caudalis et L. pectoralis), huit (présentes en Île-de-France) sont protégées au niveau régional (Coenagrion scitulum, Lestes dryas, Ischnura pumilio, Aeshna grandis, Boyeria irene, Cordulegaster boltonii, Sympetrum danae et S. flaveolum) et quelques autres comme Platycnemis acutipennis ou Aeshna isoceles, présentent également un intérêt particulier. Les départements les plus riches sont situés en Grande Couronne. Paris, les Hauts-de-Seine, la Seine-Saint-Denis et le Val-de-Marne ne réunissent a priori au maximum qu’une quarantaine d’espèces.

     Cinq espèces [Coenagrion hastulatum (donnée douteuse)], Gomphus flavipes, Ophiogomphus cecilia, Leucorrhinia albifrons et L. rubicunda n’ont pas été observées depuis leur citation de la fin du 18e ou du 19e siècle, une autre depuis 1960 (Epitheca bimaculata).

     Enfin, certaines espèces méridionales comme Orthetrum albistylum ou Sympetrum meridionale colonisent progressivement la région.

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Depuis 2007, le suivi du statut de chaque espèce est réalisé annuellement sous la forme de deux tableaux disponibles en pdf sur le site de la Sfo (www.libellules.org). Le premier apporte les informations spécifiques à chaque espèce pour l’ensemble de la région : citations d’origine, sources des données, indigénat, stabilité des effectifs, listes des espèces déterminantes (ZNIEFF), protégées nationales et régionales, plan régional d’actions francilien, etc. Le second présente les listes départementales avec des indices simples d’indigénat et d’effectifs.

     Les principales menaces sur le développement de ces insectes sont souvent liées à l’extension de l’urbanisation et de l’artificialisation de l’espace qui fragmentent et réduisent peu à peu les habitats odonatologiques ; aux pompages agricoles et domestiques qui accentuent l’assèchement de nombreux plans d’eau alimentés par des nappes fluviales ; parfois aux répercussions liées à l’accueil du public dans les plans d’eau proches des zones urbanisées (empoissonnement, disparition des hydrophytes, espèces introduites (Tortue de Floride, écrevisses américaines, bernaches, etc.), nourrissage des oiseaux d’eau par le public, piétinement excessif des berges, pollutions diverses, etc.), souvent incompatibles avec l’équilibre naturel de ces milieux.
     Enfin, il ne faut pas négliger des causes plus « naturelles » telles que la fermeture et l’eutrophisation des plans d’eau de toute nature dues à leur vieillissement et à l’absence de gestion conservatoire. 

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Malgré tout, il reste encore des habitats favorables à ces insectes en Île-de-France et de nombreuses initiatives sont proposées ou prises pour améliorer et maintenir l’état de conservation des zones humides franciliennes.

 

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