|
Partager
Le contexte tout d'abord. Et cette fameuse affaire de climat, de saisons…
Nous sommes tous d'accord là-dessus : la terre est ronde, elle tourne sur elle-même ET autour du soleil. Son axe de rotation sur elle-même n'est pas perpendiculaire au plan défini par son orbite autour du soleil… Et c'est cette inclinaison, qui entraine l'alternance des saisons particulièrement notables aux pôles, qui oscillent, eux, entre nuit totale et jour permanent. Sous nos latitudes tempérées, cela se traduit par un cycle annuel rythmé par les saisons (sous les tropiques, les saisons existent aussi mais avec une alternance entre saisons des pluies et saison sèche). Les plantes, les animaux, les hommes se sont adaptés à cette particularité. Qui en bourgeonnant aux premiers beaux jours, fructifiant à l'été et perdant ses feuilles en hiver… Qui en hivernant ou plus rarement en hibernant… Qui en mangeant des glaces à la plage en été et de la dinde aux marrons près du feu en hiver (et non pas le contraire: de la dinde aux marrons entre les pâtés de sable et des cornets de glace face au foyer).
Les arbres ? L'automne ? Prendre des couleurs invraisemblables, jaune, orange, rouge !.. Perdre ses feuilles !.. A quoi cela rime-t-il exactement ? Est-ce pour le bonheur des photographes ? Pour nous permettre de faire la transition entre l'été et l'hiver ? Ou de manière mesquine, pour rendre nos trottoirs glissants et couvrir les pelouses ? Est-ce un complot orchestré par les marchands de souffleurs à feuilles ??? Le contexte tout d'abord. Et cette fameuse affaire de climat, de saisons… Nous sommes tous d'accord là-dessus : la terre est ronde, elle tourne sur elle-même ET autour du soleil. Son axe de rotation sur elle-même n'est pas perpendiculaire au plan défini par son orbite autour du soleil… Et c'est cette inclinaison, qui entraine l'alternance des saisons particulièrement notables aux pôles, qui oscillent, eux, entre nuit totale et jour permanent. Sous nos latitudes tempérées, cela se traduit par un cycle annuel rythmé par les saisons (sous les tropiques, les saisons existent aussi mais avec une alternance entre saisons des pluies et saison sèche). Les plantes, les animaux, les hommes se sont adaptés à cette particularité. Qui en bourgeonnant aux premiers beaux jours, fructifiant à l'été et perdant ses feuilles en hiver… Qui en hivernant ou plus rarement en hibernant… Qui en mangeant des glaces à la plage en été et de la dinde aux marrons près du feu en hiver (et non pas le contraire: de la dinde aux marrons entre les pâtés de sable et des cornets de glace face au foyer).
La couleur tout d'abord. Le jaune et l'orange pour commencer.
Nous avons enquêté scrupuleusement : le jaune et le orange sont deux couleurs présentes dans la feuille dés sa naissance mais complètement masquées par la chlorophylle, cette coquine toute de vert vêtue ! Ce sont d'ailleurs ses cousins : des pigments qu'on appelle caroténoïdes (et qu'on trouve à foison dans les carottes ! La nature est bien faite… On en trouve aussi dans les bananes, chez les canaris, les narcisses, les jaunes d'oeufs… Une chance! Ils auraient pu s'appeler bananéoïdes, c'est beaucoup moins commode à prononcer.). Ils servent, tout comme la chlorophylle, à transformer la lumière en énergie, tour de magie qui laisse encore pantois les ingénieurs les plus aiguisés. Et en fait, si la chlorophylle se fait discrète à l'automne et finit par disparaître des feuilles, c'est principalement parce que cette molécule est une petite frileuse qui n'aime que les longues journées : lorsque les jours se font plus courts et plus frais, les feuilles n'en produisent plus. C'est le levé de rideau pour les caroténoïdes ! Ils apparaissent alors et remplissent avec enthousiasme leur rôle !!!
D'accord mais le rouge ?
Le rouge est bien différent: il n'est produit par la feuille qu'à l'automne. Mais, scoop ! C'est le même pigment que l'on trouve dans les framboises, les pommes (les rouges bien sur !) et les prunes (les rouges itou!). Jusqu'ici, on n'en a jamais trouvé dans les bananes. Et le rouge (de la famille des anthocyanines, si, si…) rend tout plein de services à la feuille : il ne fait pas de magie avec de la lumière mais il protège la feuille des gelées précoces et des rayonnements nocifs du soleil. On le soupçonne aussi de défendre l'arbre quand il est attaqué sauvagement par un champignon: lorsque ça arrive, les feuilles produisent ce pigment...
Les couleurs, ok. Mais pourquoi perdre ses feuilles, nom d'un petit bonhomme
Les arbres de l’enquête « Étonnant automne » font partie d'un cortège de plantes caractérisées par une partie vivante permanente (les racines, le tronc et les branches) et une période de dormance aux mois les plus froids. D'autres plantes passent l'hiver sous forme de graines, pour le bonheur des mangeurs de fayots, de bulbes, pour le plaisir de ceux d'entres nous qui aiment l'ail, voire ne semblent même pas tenir compte de l'hiver, pour ravir les enfants qui préfèrent trouver des cadeaux sous un sapin que sous un bouleau déplumé.
Nos arbres donc, restent vivants mais perdent leurs feuilles. Pourquoi d'abord, comment ensuite. Les feuilles des arbres sont des organes hautement développés, capable de convertir lumière en énergie, grâce notamment aux pigments qui leurs donnent leurs belles couleurs comme nous venons de le voir. Le coût de cette magie est élevé: il faut les alimenter en eau et elles sont fragiles. Une des solutions que certains ont adopté est donc de s'en débarrasser durant les mois froids et peu lumineux pour en avoir un nouveau jeu tout neuf au printemps suivant. En plus ca tombe bien: la sortie de l'hiver c'est la période des soldes !
Les résineux adoptent une autre stratégie: des feuilles très peu sensibles à la déshydratation parce qu'offrant très peu de surface d'échange avec l'atmosphère et très vernissés, presque comme du plastique. Eureka: les aiguilles!
Nous avons maintenant compris l'avantage pour un arbre d'être sans feuilles en hiver, mais comment tombent-elles ? C'est très simple: à l'endroit ou le pétiole est accroché à l'arbre, une petite couche de cellules toutes faites exprès se tient prête. Dés les signes de l'automne apparus, elles secrètent, au su de tous, des enzymes qui brisent la cellulose et la pectine des cellules… Ca n'est pas très informatif dit comme ça. En fait ce sont les molécules qui structurent la feuille qui sont désintégrées tandis que sur la branche, à l'endroit de la cicatrice, une petite couche de cellules forme un petit bouchon de liège. C'est bien fait la nature, non ?
|