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Accueil Agir Les raisons d'agir 8. Le rôle des procédures participatives dans l'évaluation économique de la biodiversité

8. Le rôle des procédures participatives dans l'évaluation économique de la biodiversité Imprimer Envoyer

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PwdByEddie

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En tant que méthodes d’évaluation environnementale (donc d’un point de vue instrumental), les procédures délibératives ont principalement une fonction exploratrice et peuvent accompagner les méthodes d’évaluation multicritères. D’abord, elles visent à déceler les raisons des relations (conflictuelles ou non) entre les groupes d’intérêt concernés par une décision ainsi qu’à valoriser leur compréhension du problème pour aboutir à une meilleure description de celui-ci. Deuxièmement, il s’agit de processus heuristiques qui peuvent conduire à des transformations de perspective des acteurs impliqués, et ainsi conduire à une « création » (dans le sens de la définition) d’un problème qui mette déjà en évidence une idée de solution. Les procédures participatives permettraient donc à la fois l’amélioration, la transformation et la création d’information dans le processus de communication (compléter la connaissance experte avec la connaissance locale des acteurs, changer de regard sur une question ou identifier de nouveaux aspects du problème suite aux échanges entre les acteurs…).  
La proposition d’utiliser les méthodes participatives pour l’évaluation environnementale a plusieurs raisons (Funtowicz et al., 1997) :
  • en matière de problèmes environnementaux, les analyses scientifiques sont souvent incomplètes, voire ambiguës, aussi bien en raison de l’état des connaissances qu’en raison de la complexité inhérente aux systèmes écologiques ;
  • certaines mesures physiques ne sont même pas comparables (comment évaluer l’état de l’environnement si les émissions du CO2 augmentent, alors que celles du SO2 diminuent ?) ;  
  • certaines composantes de l’environnement sont « au-delà de tout prix » pour certains acteurs ; les mécanismes du marché ne sont pas adéquats pour répondre aux incertitudes et aux échelles de temps impliquées dans de nombreux processus écologiques ;
  • sans un engagement social fort, même si des normes peuvent être établies d’un point de vue biophysique, elles ne seront pas mises en place sur le terrain.
« Le processus de décision se conformerait ainsi à une sorte de rationalité procédurale, qui se déroulerait selon un processus itératif d’échanges et de compromis avec l’objectif d’arriver à une solution qui est satisfaisante en termes d’impératifs économiques, sociaux et écologiques » (Funtowicz et al., 1997, pp. 90).
Les institutions délibératives sont une manière d’évaluer des « coûts » des dommages environnementaux qui permet de révéler des options qui contiennent, sans pour autant les « calculer » des jugements de valeur (aussi bien monétaire qu’éthique, esthétique…). L’objectif n’est donc plus d’estimer et d’agréger les préférences des individus, mais d’identifier une action acceptable d’un point de vue social à travers un processus de qualité (ce dernier aspect influencera de manière significative les résultats) (O’Connor, 1997).