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Les méthodes d’évaluation monétaire de la biodiversité ne donnent pas des indications sur les actions à prendre Imprimer Envoyer

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Enfin, la pertinence des méthodes d’évaluation contingente est largement contestée, dans les endroits où les marchés ne fonctionnent pas bien ou dans les sociétés où les besoins individuels sont exprimés sous la forme de besoins collectifs. Weber (2002) donne ainsi l’exemple des villages des forêts de l’Est du Cameroun, où, à la question : « Qu’est-ce qu’il faut vous donner pour que nous puissions faire un projet ou un autre ? », les réponses varient : « Un toit pour l’école », « Un pont », « De la peinture pour l’église », « Un terrain de foot ». Dans ce cas, comment peut-on agréger ces réponses collectives qui sont exprimés par les individus, tel que l’analyse contingente le demande ?

Dans les approches conventionnelles de l’analyse contingente, les changements dans l’information objective sont censés avoir un effet sur les perceptions, alors que si le cadrage a le même effet, ceci est regardé comme un biais. À l’origine de cette idée se trouve l’hypothèse que les individus peuvent être amenés à avoir une compréhension commune des changements environnementaux, et que ce changement peut être défini « objectivement ». Néanmoins, on constate dans la pratique que les individus retiennent des attributs différents de l’environnement pour argumenter leur position. Cet aspect devient très important pour les résultats quand la divergence est entre les concepteurs de l’enquête et les répondants. Pour Spash (2002), un aspect de la divergence dans la compréhension de l’information est associé aux conflits de valeur (ex., le rôle des marchés par rapport à l’environnement, des orientations tel l’altruisme ou l’écocentrisme – qui peuvent être en conflit avec l’hypothèse d’égoïsme de l’économie). Ainsi pour l’auteur, une préférence révélée - qui est l’intention d’entreprendre une action - est déterminée par les attitudes, les normes sociales et les croyances éthiques, et non pas seulement par l’information. Dans ce cas, les considérations morales ne peuvent pas être regardées comme étant pertinentes uniquement pour des individus qui ont une motivation réduite pour traiter l’information ou comme un type de biais qui doit être éliminé des évaluations environnementales.