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| Les méthodes d’évaluation monétaire de la biodiversité ne peuvent pas prendre en compte l’ensemble de valeurs associées à la biodiversité |
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Partager Les méthodes d’évaluation contingente, des méthodes comme celles des coûts de transport ou des prix hédoniques restent aussi partielles, car elles ne peuvent pas rendre compte de certaines valeurs telles que la valeur d’option, ou support de vie. Le constat du caractère inévitablement incomplet des techniques économiques ne simplifie pas la démarche d’évaluation de la biodiversité, mais il permet de prendre conscience du fait que les valeurs non monétaires sont des valeurs non quantifiables, et que leur estimation demande une démarche qualitative. Il est impossible aujourd’hui de quantifier le rôle de l’environnement en tant qu’espace de vie pour l’homme, par exemple. En outre, le terme de « dommage » peut faire référence à des changements dans l’environnement physique et biologique qui soit affectent l’homme de manière directe, soit se manifeste tout simplement comme une sorte de « sentiment de perte ». C’est le cas, comme le montrent O’Connor et Spash (1999), quand on apprend qu’il ne reste plus que quelques girafes à l’état sauvage. Cette dimension morale qui élargit la signification du concept d’« évaluation » de la biodiversité au-delà de sa signification en tant que « ressource » pour l’activité humaine impose des appréciations qualitatives. Selon ces auteurs, le sentiment de justesse et d’émerveillement devant le vivant ne peut pas être exprimé en valeurs monétaires. « Quand les gens parlent de valeur intrinsèque de la nature et des écosystèmes, ceci exprime le sentiment que, d’une certaine manière, le monde est bien ainsi que la nature l’a fait. L’appréciation humaine de la nature prend beaucoup de formes différentes. Une forêt ou une montagne peut être un endroit pour se promener avec son ou sa bien-aimé(e), une zone favorite pour la chasse, la délectation d’un enfant, un domaine de la fascination botanique, une source de bois, la destination d’un touriste. Il peut devenir le symbole d’un mode de vie (comme dans le patrimoine naturel français), ou un emmêlement de pierres et mauvaises herbes qui est une partie de la création de Dieu. Les gens parlent ainsi de se délecter dans la nature, d’un lien intime, et aussi de peur, horreur et émerveillement devant la nature. La considération des valeurs environnementales dans toutes ces différentes facettes soulève de nombreuses questions, touchant aux fondements de l’éthique et de la perception humaine » (O’Connor et Spash, 1999, pp. 4). Les méthodes d’évaluation monétaire de la biodiversité reflètent plus des valeurs virtuelles que des valeurs réelles D’autres raisons viennent s’ajouter au caractère incomplet voire biaisé des résultats, pour appuyer la critique des méthodes d’évaluation monétaire. Une première est liée, dans le cas des méthodes d’évaluation contingente, à la différence entre la valeur déclarée et la valeur qu’un répondant payerait réellement si la situation hypothétique présentée dans la question qu’on lui pose était mise en place. Pour l’exemple de l’évaluation du consentement à payer, on peut argumenter que les gens ne sont pas toujours en mesure de payer pour réparer des dommages environnementaux (O’Connor, 1997). Les grandes différences observées entre les valeurs obtenues pour le CAP et CAR et l’influence du format des questionnaires sur les résultats obtenus (ex., ordre des questions, formulation spécifique…) posent des questions méthodologiques majeures. O’Connor et al. (1999) mettent en évidence les critiques apportées aux méthodes d’évaluation monétaire basées sur l’observation que les conditions sociales et les instruments d’enquête peuvent elles-mêmes influencer les résultats obtenus. Dans ce cas, les préférences des individus ne seraient pas « données d’avance » mais se forment lors de l’entretien ! Les méthodes d’évaluation monétaire de la biodiversité ne peuvent pas rendre compte des refus d’accorder une valeur monétaire au vivant Un autre motif de critique a été formulé par Spash et Hanley (1995), qui amènent des preuves expérimentales pour affirmer que l’évaluation des offres monétaires à payer pour la préservation de la biodiversité ne peut pas fournir une mesure des échanges de richesse, en raison de la prévalence de préférences que l’économie néoclassique définit comme étant lexicographiques. Il s’agit d’une situation dans laquelle une proportion significative d’individus refuse de faire des arbitrages qui demandent la substitution de la biodiversité avec d’autres biens. Certains individus peuvent considérer qu’une espèce particulière a le droit d’être sauvée de l’extinction indifféremment de sa valeur utilitariste, ou du coût de la société pour la préserver. Les résultats de Spash et Hanley (1995) montrent que certains enquêtés (23,2%) ont répondu que les animaux/écosystèmes/plantes devraient être protégés à n’importe quels coûts et ont refusé de donner un montant pour le Consentement à Payer. Cette catégorie est considérée comme ayant des préférences lexicographiques. Les autres ont affirmé les mêmes idées que les premiers, mais ont quand même indiqué un montant pour le Consentement à Payer (74,7%). Une autre étude d’évaluation contingente conduite par Clive Spash, décrite par O’Connor et al. (1999), a aussi mis en évidence le refus ou l’incapacité de certaines personnes à répondre (ces deux catégories ont représenté en tout 31% des répondants). Ces résultats viennent confirmer de nombreuses autres études ayant mis en évidence des refus de donner des valeurs monétaires (O’Connor et Vadnjal, 1994), réponses qui sont habituellement exclues suite à l’application des recommandations méthodologiques de l’analyse contingente classique, qui les considère comme des « extrêmes » sans valeur représentative. Toutefois, plusieurs auteurs considèrent que ces refus sont l’expression d’un phénomène plus profond et important pour l’évaluation environnementale, qui indique des incohérences entre les hypothèses des méthodes d’évaluation contingente et les perceptions de la valeur par les répondants. O’Connor (1997) évoque aussi des cas bien documentés d’individus qui refusent d’accepter des dommages à leur santé ou à l’environnement, peu importe la compensation offerte. Même quand les individus donnent une valeur monétaire, il est difficile de savoir ce que cette valeur signifie, étant donnée la diversité des justifications amenées. Les individus peuvent refuser de payer s’ils croient qu’ils ont des droits sur l’environnement, ou en raison de la mobilisation d’un ordre d’obligations et de responsabilités qui indique que les autres acteurs comme étant pertinents pour répondre. Par exemple, certains de ces personnes peuvent penser que le problème environnemental posé ne devrait pas être une question de consentement à payer, mais devrait être géré par les organismes publics, dont c’est le devoir (O’Connor et al., 1999). Il s’agit donc ici de l’affirmation d’une perspective épistémologique sur le rôle de l’individu en rapport avec le rôle des autorités en ce qui concerne l’environnement. En tout cas, le résultat le plus clair des analyses contingentes qui investiguent les motivations des réponses données indique la multiplicité de points de vue sur un problème, et l’incapacité des valeurs monétaires d’exprimer cette diversité dans l’évaluation. Dans ces conditions, le choix de poursuivre l’optimalité parétienne équivaudrait au sacrifice des intérêts économiques de certaines personnes et des valeurs des autres. Les méthodes d’évaluation monétaire de la biodiversité ne peuvent pas rendre compte des niveaux différents de connaissance de la biodiversité Un des arguments les plus importants contre les méthodes d’évaluation contingente, qui a été testé empiriquement, concerne l’influence sur le résultat final du degré d’information des répondants. Spash et Hanley (1995) et Spash (2002) mettent ainsi en évidence le « biais informationnel » associé aux méthodes d’évaluation contingente, qui porte sur les estimations biaisées sur la valeur des entités environnementales en raison du fait que les intentions des répondants se forment lors du processus d’enquête par l’intermédiaire de l’information fournie. Suite à des investigations empiriques, les auteurs constatent que, en général, le public est peu informé sur la biodiversité et/ou que la connaissance scientifique peut être incomplète. Dans ce cas, les individus n’ont pas l’information sur la signification de la biodiversité pour eux-mêmes en tant que « consommateurs » (ex., chaque individu bénéficie des conditions propices à la vie humaine et de la stabilité de la biosphère, sans forcément savoir que c’est le rôle de la biodiversité de les assurer, les individus peuvent consommer de l’eau potable et la payer moins cher qu’ailleurs sans savoir que la zone humide qui est au voisinage de leur habitation réalise des services de purification de l’eau, etc.). Les caractéristiques de la biodiversité sont peu voire pas du tout claires, car ses apports indirects sont peu perceptibles par l’individu dans sa vie courante. Ce constat a été confirmé statistiquement par un rapport récent de l’Eurobaromètre, qui montre que, en Europe, seulement 35% des personnes interrogées connaissent le terme « biodiversité » et sa signification, 30% ont déjà entendu le terme sans savoir à quoi il correspond et 35% ne le connaissent pas du tout. Encore moins pensent qu’ils sont bien informés sur sa perte (Eurobaromètre, 2007). Si les individus ne sont pas informés des bénéfices de la biodiversité, l’évaluation qu’ils vont donner à sa préservation sera une sous-estimation. Il a ainsi été montré que plus on donne aux individus de l’information portant sur les caractéristiques désirables de la biodiversité, plus leur CAP augmente, et que plus on donne de l’information sur les caractéristiques indésirables, plus le CAP diminue (Hanley et Munro, 1994). La question de l’information que les répondants amènent dans un processus d’évaluation contingente est difficile à aborder pour plusieurs raisons. D’abord, toute l’information que les individus peuvent recevoir n’est pas sous le contrôle du chercheur. Une partie de cette information constitue le bagage de connaissances de l’individu, alors qu’une autre peut être transmise, sur une situation donnée, par les journaux ou autres moyens de communication. Deuxièmement, il n’est pas possible de différencier le contenu de l’information du cadrage général du questionnaire et de la situation même de l’interview. Une certaine information fournie par l’enquêteur peut être interprétée de manière différente par les répondants, en fonction de leur capacité personnelle de traitement et d’assimilation de cette information, mais aussi de leur motivation par rapport au problème environnemental abordé.
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| De Liliane Pays, Présidente de Natureparif
Le joli mois de mai de la nature C’est un joli mois de mai qui se prépare. Une nouvelle fois, la 6ème depuis 2007, la nature va se parer de ses plus beaux atours pour célébrer durant 4 jours la fête qui lui est dédiée. Et comme depuis quatre ans maintenant, Natureparif participera en tant que coordinateur en Ile-de-France de cet évènement à ce grand rendez-vous festif et pédagogique. La dimension pédagogique justement est au cœur des missions de l’agence francilienne pour la nature et la biodiversité. Et de ce point de vue, cette Fête est un moment privilégié qui contribue directement à sensibiliser la population à la nature en général et à la biodiversité en particulier. Pour une institution comme la notre, c’est donc un évènement incontournable pour susciter l’éveil des consciences grâce à la découverte par le public de la flore et de la faune francilienne et également des espaces naturels de notre région. |
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