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Entreprises, relevez le défi de la biodiversité

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Plusieurs économistes ont commenté la démarche de Constanza et al. Les observations positives n’ont pas manqué de saluer le courage de cette entreprise gigantesque d’évaluation, ni de souligner son mérite qui réside principalement dans le fait d'apporter des arguments monétaires à  l’action politique de protection de la biodiversité (Herendeen, 1998). Toutefois, de nombreux commentaires ont mis en évidence des critiques conceptuelles, méthodologiques et de principe de ce travail.

1.    L’inadéquation de principe de la méthode

L’idée même d’évaluation monétaire de la nature, porteuse également de valeurs spirituelles, induit une intrusion de l’esprit utilitariste dans un espace qui n’est tout simplement pas le sien. Cette situation peut conduire à des déviations d’une idée initialement bien intentionnée : « mettre un prix sur quelque chose qui n’a pas de prix », « ensuite, il faudra calculer la valeur de Dieu »,  « et maintenant qu’on connaît la valeur d’échange de la Terre, on se demande avec qui on pourrait l’échanger et qu’est-ce qu’on pourrait faire avec l’argent, sans la Terre » (Norgaard et Bode, 1998).

2.    L’absence de considération donnée aux enjeux de distribution de la valeur entre les groupes sociaux, entre les générations et entre les communautés vivant dans des territoires géographiquement différents
Certains auteurs ont posé la question : « à qui appartiendraient ces valeurs [calculés par Constanza et al.] dans un monde de très pauvres et de très riches ? » (Toman, 1998, Norgaard et Bode, 1998) ;

3.    Le calcul agrège des valeurs des services écologiques, et ne prend pas en compte le fait que l’utilisation d’un service peut en diminuer un autre. L’agrégation des fonctions environnementales d’une échelle à une autre (de l’hectare à l’écosystème et à l’échelle globale) est peu pertinente. L’extrapolation du local au global n’est que très grossière.

4.    Le biais provoqué par les objectifs que les auteurs s’étaient donnés : « est-ce que Constanza aurait publié ses découvertes s’il avait déterminé que la valeur des services de la nature était de seulement la moitié du PGN, ou est-ce qu’il aurait entrepris une analyse plus complète et plus élaborée, jusqu’à ce qu’il arrive à une réponse ‘raisonnable’ ; une réponse qui puisse avoir une audience large dans la presse ? » (Norgaard et Bode, 1998).


Glossaires:
Herendeen, 1998 :

Herendeen, R.A., 1998. Monetary-costing environmental services: nothing is lost, something is gained Ecological Economics, 25(1): 29-30
 

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Norgaard et Bode, 1998 :
Norgaard R.B. et Bode, C., 1998. Next, the value of God, and other reactions. Ecological Economics, 25(1): 37-39.
 

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Toman, 1998, Norgaard et Bode :
Toman, M., 1998. Special Section: Forum on Valuation of Ecosystem Services: Why not to calculate the value of the world’s ecosystem services and natural capital. Ecological Economics, 25(1): 57-60.

Turner, R.K., Adger, W.N. et Brouwer, R., 1998. Ecosystem services value, research needs, and policy relevance: a commentary. Ecological Economics, 25(1):61-65
 

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