
Natureparif : la première agence régionale en Europe au service de la Nature et de la Biodiversité
Outil de partage de la connaissance au service de la préservation de la nature et de la biodiversité en Île-de-France, NATUREPARIF rassemble de nombreux acteurs dont la Région, l’Etat, des collectivités territoriales, des associations de protection de l’environnement, des Fédérations et des entreprises.
Innovante, Natureparif est la première agence en Europe qui s’intéresse à la nature et à la biodiversité à un niveau régional. Elle atteste de la volonté de l’Etat et, comme la charte de la biodiversité et la stratégie régionale dont elle est issue, de la volonté de la Région Île-de-France et de l’ensemble des partenaires de faire de la préservation de la diversité biologique une priorité. Encore trop peu connu, le patrimoine biologique de l’Île-de-France doit être sauvegardé et mis en valeur pour l’intérêt écologique, économique, social et sociétal qu’il représente. NATUREPARIF s’intègre dans le dispositif de l’Ecorégion mis en place par le Conseil régional, et participe, dans ce cadre, à la mobilisation engagée au sein de l’Union Européenne dans une politique visant à stopper la perte de la biodiversité en Europe d’ici 2010.
Agence opérationnelle, les missions de Natureparif répondent aux besoins :
* De mise en réseau des données, connaissances et expertises existantes en Île-de-France: par la mise en place d’un observatoire régional de la biodiversité qui rassemblera les données déjà disponibles sur le sujet mais dispersées au sein de nombreuses structures départementales, associatives, scientifiques, universitaires…
* De mise en place, en liaison avec les acteurs institutionnels, scientifiques et associatifs concernés, d’indicateurs et de tableaux de bord régionaux sur l’évolution de la biodiversité et sur l’évaluation des politiques mises en place ;
* D’information du grand public sur les réalités de la biodiversité en Île-de-France ;
* D’accompagnement des acteurs institutionnels, notamment dans les politiques d’aménagement du territoire, et économiques pour une prise en compte de la biodiversité et la gestion parcimonieuse des ressources naturelles ;
* De diffusion au niveau européen des bonnes pratiques.
Discours du 30 juin 2009 :
Par Jean-Vincent Placé, président de Natureparif, à l'occasion du premier anniversaire de l'agence* :
*En 2010, c'est Anny Poursinoff qui est Présidente de l'agence Natureparif
Elu(e)s, Représentant(e)s de l’Etat, de la région, d’associations, d’entreprises, scientifiques, Mesdames et messieurs, adhérentes et adhérents de Natureparif,
Nous nous étions donné rendez-vous dans un an. Jour pour jour, nous étions réunis l’an dernier pour l’ouverture des portes de Natureparif, à quelques rues, quelques jardins de là… Je vous disais alors mon enthousiasme à l’idée de la mission confiée à cette toute nouvelle agence. Un an plus tard, notre détermination, notre ambition, notre passion, sont au plus haut.
L’UICN nous a remis le 24 juin dernier un beau cadeau d’anniversaire pour cette première bougie : le Premier Prix de l’UICN récompensant les structures œuvrant pour la promotion et la mise en œuvre du « Compte-à-rebours 2010 pour la Biodiversité ». Ce Prix est donc le vôtre, qui êtes adhérents de l’agence. C’est un message significatif aussi pour toutes les collectivités locales et communes d’Ile-de-France qui, de plus en plus et de mieux en mieux, s’engagent dans une gestion écologique de leur territoire.
Un anniversaire, c’est aussi l’occasion de dresser un rapide bilan de l’année écoulée et de dessiner les perspectives pour une année majeure pour… la nature : 2010 sera en effet l’année mondiale de la Biodiversité.
Impossible de résumer en quelques minutes 365 jours de la vie d’une agence, de restituer le travail de fond effectué par Natureparif, l’observatoire régional de la biodiversité. Je vais quand même essayer en commençant par quelques chiffres…
- 900 inventaires, suivis, bases de données et études ont été saisies dans la base informatique « nature » du système d’information nature et paysage, - 2 études ont été lancées : la première sur l’inventaire des éléments structurants du paysage francilien et la seconde pour l’élaboration d’un protocole permettant de calculer le nombre d’emplois liés à la biodiversité. - 8 conférences publiques ont été organisées pour permettre aux Franciliens de mieux connaître la nature qui les entoure. - 170 000 exemplaires du programme de la Fête de la nature ont été distribués pour informer et inviter les Franciliens à participer aux plus de 150 manifestations qui se sont déroulées les 16 et 17 mai derniers. - Deux expositions ont été réalisées : « île-de-France – île nature » et « Zéro pesticide », que vous pourrez découvrir sur le chemin des jardins du Conseil régional où nous irons déjeuner. Ces deux expositions sont destinées à être mise à la disposition des collectivités, des associations, des entreprises et autres organismes publics ou privés. Il suffira d’en faire la demande à Natureparif. - Le premier guide réalisé par Natureparif avec l’ANVL vous sera remis tout à l’heure… Il est dédié à la gestion différenciée, un moyen pratique et concret pour les communes de préserver la biodiversité.
Une année de la vie d’une agence, c’est aussi quelques images, quelques souvenirs… un peu personnels ! J’en retiens trois…
Alors que le monde se réjouissait unanimement de l’élection du premier afro-américain à la Présidence des Etats-Unis d’Amérique, j’avais le plaisir d’accueillir en novembre 2008, un autre Américain : Benki Ashaninka. Natureparif avait invité ce chef Indien brésilien pour notre débat autour de la forêt, dans le cadre du festival international du film d’environnement. Cet Indien dans la ville, en tenue traditionnelle au cœur de notre capitale, dans les salons dans lesquels nous nous trouvons aujourd’hui, ses propos sur la nature et sa relation spirituelle qu’il entretient avec elle, la responsabilité que nous portons indirectement dans la destruction de son monde, de notre monde, ont encore renforcé mon engagement.
Un autre souvenir fort est ma rencontre avec Sebastian Winckler, le responsable international pour le compte à rebours 2010 pour l’UICN, une personne engagée, qui fait bouger les lignes. C’était le 20 janvier. Et cette rencontre a vu les premières adhésions des communes franciliennes au Compte-à-rebours 2010. Depuis ce jour, Arcueil (94), Aubervilliers (93), Auvers-sur-Oise (95), Cesson (77), Champagne sur Seine (77), Chelles (77), Conflans-Sainte-Honorine (78), Coubron (93), Fontainebleau (77), Marcoussis (91), Méry-sur-Oise (95), Savigny-le-Temple (77), Saint Rémy les Chevreuse (78), etc - et le 25 juin Paris ! - font maintenant partie d’un réseau international qui travaille au quotidien pour protéger la vie de nos rivières, de nos forêts, de la faune, de la flore, tous ces éléments qui constituent la maison vivante de l’Homme. Vous qui n’avez pas encore rejoint le Compte-à-rebours 2010, signez cette Déclaration dès maintenant et témoignez de votre volonté face à ce défi majeur. Une dernière image. Alors que notre Président de la République, s’apprêtait, devant une assemblée choisie, à dévoiler sa vision pour un Grand Paris, je garde en mémoire l’image du Grand amphithéâtre d’un Muséum national bondé et enthousiaste, pour le colloque que nous avons organisé les 28 et 29 avril dernier : « Trames verte, trame bleue, les continuités de la vie ». Ce colloque a fait ressortir la nécessité d’une action politique forte et suivie sur ce thème majeur. Comptez sur moi pour rester attentif à la discussion du projet de loi « Grenelle » qui s’engagera à l’Assemblée en octobre prochain. ………………………………
Enrayer la perte de biodiversité en 2010, c’était l’objectif du Compte-à-rebours initié par l’UICN… il ne sera pas atteint ! En revanche, la sensibilisation des gouvernements est effective. Nous avons tous en mémoire la formule de notre ancien Président de la République… Il nous faut maintenant étendre la mobilisation. Pour cela, ma conviction est qu’il nous faut revenir aux fondamentaux. Le mot « Biodiversité » est un mot jeune, que nous entendons de plus en plus. Mais la biodiversité, c’est quoi au juste ? La définition établie par Walter G. Rosen en 1985 est claire. Néologisme composé à partir des mots « biologie » et « diversité », la biodiversité désigne la diversité des organismes vivants, qui s'apprécie en considérant la diversité des espèces, celle des gènes au sein de chaque espèce, ainsi que l'organisation et la répartition des écosystèmes. Une fois cette définition rappelée, nous permet-elle de l’intégrer dans notre réalité quotidienne ? Je n’en suis pas certain… Chaque réunion à laquelle je participe dans le cadre de mes fonctions de Président de Natureparif me confirme dans ce doute. Notre agence est de ce point de vue un magnifique laboratoire.
Cette rencontre en 5 questions / réponses est le point de départ d’une démarche de vulgarisation qui sera la priorité de l’agence en 2010 : expliquer ce qu’est la biodiversité, pourquoi la préserver, qui est à même de la préserver, comment la préserver, où agir en priorité… J’ai souhaité, pour répondre à ces questions, associer un expert et un élu. La fonction politique est bien celle de représenter nos concitoyens, par conséquent de relayer le cas échéant les questions qu’ils se posent… Cher(e)s ami(e)s, ne soyez pas timides même si l’exercice vous paraît inhabituel, à vous qui êtes sans cesse sollicités pour apporter des réponses…
Les 21 et 22 janvier prochains, le siège de l’UNESCO à Paris sera le théâtre du lancement de l’Année mondiale de la biodiversité. Natureparif sera présent au rendez-vous incontournable, avec, je l’espère, l’ensemble de ses adhérents.
L’Ile-de-France a un rôle particulier à jouer pour la préservation de la biodiversité. 11 532 398 personnes y étaient recensées au 1er janvier 2006. Ses 12 000 km2 en font l’une des plus petites régions de France, et l’une des plus peuplées… 95.6% des franciliens vivent en zone urbaine. Notre responsabilité est donc écologique mais elle est aussi pédagogique. Elle est écolo-pédagogique si vous me permettez ce néologisme…
En 2010, Natureparif devra amplifier son action pour faire en sorte que la biodiversité devienne une réalité partagée par tous, que chacun prenne conscience que derrière ce mot se cache une réalité bien tangible : la biodiversité est la maison vivante de l’humanité… HOME en anglais comme a su magnifiquement nous le montrer Yann Arthus-Bertrand.
Pédagogie donc… la pédagogie commence par la connaissance. En 2010, l’observatoire de la biodiversité devra réellement voir le jour pour permettre au grand public de comprendre la réalité de la nature francilienne, de connaître la diversité des espèces mais aussi des milieux qui nous environnent. Dès les 8 et 9 octobre 2009, avec la participation des scientifiques, des associations naturalistes, avec l’UICN, le Muséum et France nature environnement, Natureparif lancera les listes rouges régionales. Ces listes rouges sont absolument déterminantes : elles vont nous servir à établir nos priorités régionales. Ainsi, si certaines espèces restent courantes en France, je pense à cette fougère atlantique que l’on appelle l’osmonde royale que l’on rencontre de la Bretagne au Pays basque, elle peut être rare en Ile-de-France. Déterminer le statut régional de l’osmonde royale a permis d’établir la nécessité de la protéger.
La « science participative », c’est ainsi que l’on nomme les dispositifs permettant d’améliorer la connaissance en s’appuyant sur des réseaux de citoyens. En effet, en matière de nature, les moyens pour collecter des données scientifiques à très grande échelle ou sur une longue période sont limités par les capacités matérielles et humaines des organismes de recherche. Une solution consiste donc à faire collecter ces données par les citoyens. Ce faisant, ils se tiennent informés à la fois de l’état de l’environnement et des résultats de leur contribution, ils interagissent avec le cœur de la science. Les données collectées sont bien sûr simples, comme celles recueillies dans le cadre de l’Observatoire des Papillons de jardin ou de Papitrame, opération que nous allons lancer ensemble tout à l’heure. Mais leur grand nombre permet des analyses puissantes : les variations d’effectifs des oiseaux en France et en Europe n’auraient pu être établies par les institutions scientifiques seules. Natureparif assure la coordination régionale de Vigie Nature, elle produira en 2010 les résultats agrégés des réseaux en place, notamment sur les chiroptères et les papillons, et initiera d’autres réseaux.
La pédagogie, c’est aussi l’échange sur les bonnes pratiques. Natureparif a commencé à mettre en place un réseau d’échanges et de capitalisation des outils pédagogiques existants. L’Ile-de-France est riche de ses 1281 communes et 8 conseils généraux, qui de plus en plus agissent pour prendre en compte et préserver la biodiversité. L’Ile-de-France, c’est aussi la région capitale. Cela nous assure une visibilité et une responsabilité aux plans national et international. Malgré sa jeunesse, Natureparif est aujourd’hui partenaire d’un programme Life Plus. Avec 4 autres pays, l’Allemagne, l’Espagne, la Slovaquie et la Hongrie, Natureparif organisera un grand concours visant à désigner la capitale biodiversité en 2010 et 2011. Après le succès de « Trame verte, trame bleue, les continuités de la vie », Natureparif organisera en 2010 un nouveau colloque international. Si nous avons quelques idées, son thème n’est pas encore arrêté… Vos suggestions sont les bienvenues…
La pédagogie, c’est aussi dans son sens le plus noble, la diffusion de la connaissance… Natureparif va bénéficier de l’année 2010, Année mondiale de la biodiversité pour développer ses activités de communication. Autour des thèmes déjà engagés : faire connaître la biodiversité régionale, ses espèces et ses espaces, les bonnes pratiques et les acteurs qui œuvrent à la préservation de la biodiversité. Mais 2010 sera aussi l’occasion pour Natureparif de vulgariser, au sens de mettre à la portée de tous, le concept de « services écologiques » ou « services éco systémiques ». Définis aux termes des travaux réalisés dans le cadre de l’évaluation des écosystèmes pour le millénaire (Millenium ecosystem assessment), ils qualifient les bénéfices que les hommes tirent de la nature. Ce sont les services d’approvisionnement (nourriture, combustibles), les services de régulation (inondations, épizooties) et les services culturels (loisirs). Enfin, il faut y ajouter les services de soutien – ou services support - tels que le cycle des éléments nutritifs ou la photosynthèse qui maintiennent des conditions favorables à notre vie sur Terre. Cela peut paraître un peu technique, mais c’est réellement une nouvelle façon de penser la nature, de réviser notre rapport à la nature ! C’est un bel enjeu pour 2010 ! Il nous appartient à tous de porter cette magnifique ambition politique, de la faire vivre et de l’inscrire dans l’histoire.
Jean-Vincent Placé,
Président de Natureparif |