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(2015) Retours sur la rencontre "Énergie et biodiversité"

Mis à jour le mardi 1 décembre 2015 11:59

Rencontre Energie et Biodiversité

Pour sa première rencontre de l’année 2015, Natureparif a réuni les acteurs de l’énergie et de la biodiversité pour réfléchir ensemble. Pour Liliane PAYS, la Présidente de Natureparif, « il est important pour nous que la transition énergétique se fasse aussi dans la préservation de la biodiversité. C’est le crédo que nous nous sommes donné en 2015 avec la préparation de la COP 21 ». Il s’agit de montrer que l’on peut agir en faveur des énergies renouvelables, promouvoir les transports propres, améliorer de l’efficacité énergétique, tout en se souciant de préserver la biodiversité. Pour Marco DI GIUSTO, du Cabinet de Corinne RUFET, Vice-présidence du Conseil régional pour l'environnement, l'agriculture et l'énergie de la Région Île-de-France, « la région est déterminée à mettre en œuvre la transition écologique sur son territoire et compte sur l’ensemble des organismes associés, en transversalité, pour y parvenir ».

Ce sont les acteurs du transport de l’énergie qui ont ouvert le bal. Patrick PELLE, de GRTgaz (voir présentation) et Émilie DROEVEN, de RTE (voir présentation), ont évoqué leurs actions en faveur de la biodiversité sur leurs emprises foncières. Lors d’un second temps d’échange, Patrick PELLE (voir sa présentation) à nouveau et Jean-Louis MUSCAGORRY, de RTE (voir sa présentation), ont abordé des questions plus stratégiques : comment préparer l’avenir en misant sur des énergies compatibles avec les ressources locales et leurs limites ? Comment réorganiser le réseau pour cela et mixer les énergies. En tant qu’élu local à Triel-sur-Seine (78), Jean-Pierre MAROTTE à donné son point de vue sur la mise en œuvre d’une transition écologique à l’échelle d’un territoire, en reconnaissant qu’opérationnellement il n’est pas simple d’articuler les enjeux énergétiques et ceux de biodiversité.

En début d’après-midi, ce sont les énergies renouvelables que l’on questionnait d’un point de vue de la biodiversité. Philippe BIHOUIX, de l’Institut Momentum (voir sa présentation), a rappelé qu’il ne faut pas négliger les impacts cachés sur l’environnement, en tenant compte aussi du bilan en ressources naturelles de ces dispositifs qui puisent métaux et terres rares  en mines ou en carrières. Les développer massivement sans régler auparavant la question de la mise en circularité des éléments qui les compose et leur recyclabilité serait risqué !

Pour Sylvain ANGERAND, des Amis de la Terre, le choix du bois-énergie doit se faire en bonne cohérence avec la préservation de la forêt en amont. Avant de créer une filière, il faut s’assurer du mode de gestion des forets (conservation de bois mort, préservation de la diversité génétique et spécifique en essences, classes d’âges variées). comme autant de contrainte qui s’imposent à l’exploitation de bois. Il plaide pour des raisonnements à l’échelle très locale en fonction des conditions du territoire et en coopération avec les populations locales.

Le point de vue et les études de l’UICN sur les énergies renouvelables et la biodiversité ont été présentés par Pauline TEILLAC-DESCHAMPS (voir sa présentation). Pour elle, la biodiversité ne doit pas être traitée en marge des questions d’énergie mais de façon conjointe sous peine de faire des erreurs. A travers l’exemple de différentes technologies d'énergies marines renouvelables mais aussi de l'exploitation des forêts pour le bois-énergie, s éoliennes en milieu marin, elle montre que la connaissance des enjeux locaux de biodiversité est un préalable indispensable à la durabilité de chacune des filières. l’on peut procéder par élimination pour choisir le meilleur dispositif et le meilleur emplacement en fonction des connaissances sur la biodiversité locale. En ce sens, un diagnostic écologique préalable parait indispensable pour installer judicieusement des dispositifs d’énergies renouvelables.

En ce qui concerne l’efficacité énergétique des bâtiments, Marc BARRA (voir sa présentation) a rappelé que pour les écologues, la construction durable doit donc s’inscrire dans une vision plus large que celle de l’énergie. La prise en compte du vivant permet d’élargir les solutions d’éco-construction et de relier plusieurs problématiques. La végétalisation du bâti est un atout pour réduire les consommations énergétiques et améliorer l’isolation. Combiner panneaux solaire et de végétalisation des toits permet d’optimiser l’usage de l’espace. Enfin, il invite les porteurs de projet à faire des choix architecturaux limitant l’imperméabilisation des sols, à recourir à des matériaux plus locaux et variés (mix matériautique) ainsi qu’à des systèmes de production d’énergie décentralisés et plus autosuffisants. 

Pour Thierry VINCENT, chef de projet Transition écologique à l'ARENE (voir sa présentation), les matériaux bio-sourcés (issus de l’agriculture) font partie de la solution pour réussir la transition énergétique tout en favorisant la biodiversité. Les choisir permet de réduire l’empreinte sur les matériaux conventionnels, émetteurs de C02. Des plantes comme le chanvre et le lin ont non seulement prouvé leur intérêt technique, mais sont aussi des atouts pour une agriculture respectueuse de la biodiversité (rotations culturales, moindre utilisation d’intrants). Selon lui, il est nécessaire d’encourager ces filières, sans perdre de vue que l’on doit réfléchir à leur déploiement en fonction des spécificités locales. 

Emmanuel DELANNOY, Directeur de l’institut Inspire a plaidé pour un autre rapport au vivant, dans tous les choix de société dont les dispositifs de la transition. L’économie circulaire, qui vise à créer des synergies, limiter l’usage de ressources, recycler, réutiliser, remployer est un mouvement porteur, mais doit s’inscrire dans les logiques de la biosphère, dans les limites locales. Il rappelle que la création de filières vertes n’est pas une fin en soi, elle présuppose que de telles activités soient synchrones avec les rythmes du vivant, les spécificités locales. Pour lui, s’inspirer de la nature est une source d’opportunités pour les acteurs du territoire, la transition est déjà en route au niveau local, mais des réformes économiques doivent voir le jour pour les déployer plus largement.

C’est Paul CASSIN, chef du service « Énergie, Climat, Air » qui a conclu la journée. Il a rappelé que la région est fortement engagée dans la transition énergétique, par l’accompagnement et des subventions. Il a présenté les dispositifs régionaux en faveur de l’air, de l’énergie et du climat, tout en reconnaissant qu’ils n’intégraient pas pour le moment de critères relatifs à la biodiversité. Pour lui, cette journée a permis de tirer des enseignements pour organiser la coopération entre les services de la région et les organismes associés, pour plus de transversalité.

Télécharger les actes de la rencontre en cliquant sur l'image ci-dessous :

ÉNERGIE ET BIODIVERSITÉ : PEUT-ON FAIRE D'UNE PIERRE DEUX COUPS ?

 

 

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