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Le retour du castor en Île-de-France

Mis à jour le jeudi 18 mai 2017 17:32

Savez-vous quel est l’ancien nom français du castor ? Le « Bièvre ». Il a d’ailleurs donné son nom à plusieurs rivières d’Île-de-France où on le trouvait alors : la Bièvre, bien sûr, mais aussi la Beuvronne, la Biberonne… Chassé pour sa fourrure, sa chair, ou parce qu’il transformait les rivières différemment de ce que souhaitait en faire l’Homme, le castor a disparu d’Île-de-France il y a environ deux siècles, comme en de nombreux autres endroits du pays. Au début du xxè siècle, on n’en trouvait plus que quelques dizaines d’individus dans le sud de la France : afin d’éviter sa disparition complète, l’espèce fut classée protégée au niveau national. Durant les premières décennies du xxè siècle, le castor a ainsi lentement recolonisé la vallée du Rhône. Pour aider l’espèce à reconquérir ses anciens bastions, 182 individus en provenance de la vallée du Rhône ont été progressivement déplacés, durant 30 ans, dans d’autres rivières, y compris dans l’est de la France et le long de la Loire. L’espèce n’a cependant jamais été relâchée en Île-de-France et, si des soupçons de présence ont été rapportés il y a quelques décennies (des castors auraient été piégés en Bassée lors de campagnes de lutte contre le Ragondin), son retour naturel était très attendu dans la région !

Castor sur berge - Sylvain Richier 

Castor sur berge © S. Richier

Arbres rongés - M.Zucca

Un ragondin pourrait ronger les arbres, mais lorsqu’ils sont écorcés avec une telle intensité et associé à d’autres indices tels que les crayons, c’est bien la marque du castor. © M. Zucca

 

 

 

Terrier hutte Mennecy - Paul Hurel 

Ce terrier hutte a été découvert le long de la rivière Essonne. Le castor y accède depuis l’eau et passe la journée dedans, et y élève sa progéniture. © Paul Hurel

En septembre 2016, l’organisme responsable du suivi de l’espèce au niveau national, l’Office National de la Chasse et de la Faune Sauvage (ONCFS) annonçait la redécouverte de l’espèce dans l’Essonne : des indices de présence probants avaient été découverts en mai par le Syndicat intercommunal d'aménagement, de réseaux et de cours d'eau (SIARCE) sur la rivière Essonne. L’espèce est vraisemblablement arrivée par le sud depuis le département du Loiret, où elle est présente depuis plusieurs années. Les premières observations ont eu lieu avant l’épisode d’inondations qui a fortement touché le sud de l’Île-de-France en mai et juin 2016, il ne semble ainsi pas y avoir de lien entre les deux évènements.

Barrage - M. Zucca

Le castor ne fait pas systématiquement de barrage, mais seulement si le niveau de l’eau le nécessite. Construire un barrage permet de rehausser le niveau de l’eau en amont et ainsi de pouvoir creuser un terrier par lequel il peut accéder sous l’eau, à l’abri des prédateurs. Certains barrages ne payent pas de mine et peuvent être pris pour de banals embâcles. © M. Zucca 

 

Bûcheron castor - M. Zucca

Le castor s’attaque régulièrement à de gros arbres : il arrive parfois (rarement) que l’individu meure écrasé s’il a mal anticipé l’angle avec lequel tombe l’arbre ! © M. Zucca

En mars 2017, l’ONCFS a organisé des formations auprès des gestionnaires des milieux aquatiques et des naturalistes afin de les aider à mieux rechercher les indices de présence du castor. Des prospections ont ensuite été effectuées en mars et avril le long de plusieurs rivières de l’Essonne et de Seine-et-Marne. Et furent fructueuses : de nombreux indices de présence ont été trouvé presque tout le long du cours de l’Essonne, mais également dans la Juine. Le castor semble plus présent dans la région de Malesherbes, où l’Essonne fait la limite entre le département de Seine-et-Marne et celui du Loiret. Mais il remonte jusqu’à Mennecy, et l’autoroute A6 constitue pour l’instant la limite connue de sa progression vers le Nord ! C’est d’ailleurs dans ce secteur que le seul indice probant de de reproduction a été découvert : un terrier hutte, dans lequel les castors élèvent leur famille, a été découvert, mais il datait de 2016 et le succès de la reproduction n’a donc pas pu être vérifié.

Castoreum - M. Zucca

Là où le castor se reproduit, il marque son territoire d’une substance huileuse appelée « castoréum ». On la détecte, si l’on marche à proximité, à sa forte odeur de goudron et à des traces sombres sur le sol. © M. Zucca

Crayon - M. Zucca

Un arbuste coupé, dont l’extrémité est taillée en biseau (on parle de « crayon »), est typique du Castor. © M. Zucca

La présence du castor le long de ces rivières implique de prendre certaines précautions : un arrêté préfectoral interdit désormais l’emploi des pièges non sélectifs le long de l’Essonne et de la Juine. D’autres indices de présence sont à rechercher ailleurs en Île-de-France : la vallée du Loing, la vallée de la Seine en Bassée, sont de bonnes candidates. Attention, cependant, à ne pas confondre l’espèce avec le Ragondin, qui peut également ronger les arbres et qui, bien sûr, n’arbore pas la large queue aplatie qui caractérise le castor. 

Présence du castor en IDF

Vous pensez avoir observé des indices de présence du castor en Île-de-France ?

Contactez Natureparif (maxime.zucca@natureparif.fr) et l’ONCFS (paul.hurel@oncfs.gouv.fr

 

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